François Ferdinand

FRANCIS FERDINAND (1863-1914), archiduc d’Autriche.

Francis Ferdinand est né le 18 décembre 1863 à Graz. Son assassinat à Sarajevo le 28 juin 1914 a conduit à la Première Guerre mondiale.

Francis Ferdinand a reçu une éducation stricte, catholique et conservatrice et a poursuivi une carrière dans l’armée. Il devient inopinément l’héritier présomptif de la monarchie des Habsbourg à la mort de son cousin, le prince héritier Rodolphe, en 1889. Après un tour du monde en 1892 et 1893, François-Ferdinand est affaibli pendant plusieurs années par la tuberculose, dont il ne guérit qu’en 1898. La même année, il est nommé adjoint aux affaires militaires de son oncle, l’empereur François-Joseph Ier (r. 1848-1916).

Les relations entre l’empereur et son héritier présomptif n’ont cependant jamais été très bonnes, et elles se sont aggravées de manière exponentielle en raison de la détermination de François-Ferdinand à épouser la comtesse Sophie Chotek. Chotek, bien que noble, n’était pas considérée par François Joseph comme ayant un statut suffisamment élevé pour être une épouse appropriée pour un futur empereur autrichien. Un compromis est trouvé : le 28 juin 1900, François Ferdinand renonce formellement aux droits des enfants issus du futur mariage morganatique. Le 1er juillet, il épouse Chotek.

À partir de 1906, François-Ferdinand est autorisé à jouer un rôle dans la politique de la monarchie. Ses conseillers, regroupés autour de sa chancellerie militaire au palais du Belvédère, et connus collectivement sous le nom de Cercle du Belvédère, atteignent un niveau d’influence sur la politique des Habsbourg. Cependant, ils ne le faisaient généralement qu’une fois devenus ministres de l’empereur, ce qui signifiait souvent s’opposer aux souhaits de leur ancien patron. Max Vladimir Beck, par exemple, est devenu Premier ministre autrichien et a fait adopter la réforme électorale de 1907. Pourtant, François Ferdinand s’opposa à ses politiques et l’héritier présomptif intrigua pour organiser la destitution de Beck en 1908. François Ferdinand avait des alliés au sein du régime, comme le chef de l’état-major général, Franz Conrad von Hötzendorf, mais ses tentatives pour accroître son influence sur la politique se heurtaient à la résistance persistante de François Joseph.

Ce n’est peut-être pas plus mal. François Ferdinand était idéologiquement un conservateur radical et partageait les sentiments autoritaires de Guillaume II (empereur d’Allemagne et roi de Prusse ; r. 1888-1918) et du tsar Nicolas II de Russie (r. 1894-1917). Catholique archiconservateur, il avait des opinions antisémites et combinait le mépris des Magyars avec une aversion générale pour le libéralisme. Son plan pour la monarchie consiste à réduire l’autonomie hongroise et à contrer le pouvoir des Magyars en Hongrie en augmentant les droits des nationalités minoritaires dans le royaume. Cette approche lui valut la sympathie de nombreux nationalistes minoritaires, qui soutenaient une certaine forme de fédéralisme ou, dans le cas des Slaves du Sud, de trialisme (l’union des provinces slaves du Sud dans les moitiés autrichienne et hongroise de la monarchie, ainsi que la Bosnie, dans un nouveau « royaume » slave du Sud, le troisième, sous l’égide du monarque Habsbourg). La sympathie réputée de François Ferdinand pour le trialisme lui vaut la haine de nombreux nationalistes serbes, car le trialisme menace le rêve d’une Grande Serbie indépendante. Ironiquement, François Ferdinand n’avait guère de temps à consacrer à un véritable trialisme (tout au plus souhaitait-il réorganiser les terres slaves du Sud pour réduire la puissance hongroise), pas plus qu’il n’était favorable au fédéralisme. Il envisage plutôt de recentrer le pouvoir à Vienne et de soumettre à nouveau tous les peuples de la monarchie à l’autorité de l’empereur. Sa succession est regardée avec inquiétude par de nombreux membres des classes moyennes allemandes et magyares et de l’intelligentsia libérale, et surtout par les Juifs de Habsbourg.

Il est en outre perçu, en raison de ses engagements militaires et de ses liens avec Conrad von Hötzendorf, comme un militariste et un belliciste. L’opinion publique avait tout faux sur ce point. François Ferdinand croyait en l’autoritarisme, mais cela faisait aussi de lui un partisan de la paix entre la monarchie des Habsbourg, l’Allemagne et la Russie, garant du conservatisme autoritaire. Il s’opposait donc à une politique agressive dans les Balkans et conseillait constamment de ne pas participer aux guerres balkaniques de 1912-1913. Néanmoins, en tant que représentant de l’armée des Habsbourg, surtout après sa nomination comme inspecteur général de l’armée en 1913, avec sa réputation de belliciste et son soutien supposé au trialisme anti-serbe, François Ferdinand devient une cible pour les terroristes nationalistes serbes de Bosnie. Le 28 juin 1914, alors qu’il était en voyage pour inspecter les manœuvres militaires, lui et son épouse ont été abattus dans leur voiture à Sarajevo par Gavrilo Princip. L’assassinat de l’héritier présomptif a ensuite été utilisé par François-Joseph et ses conseillers comme excuse pour lancer une guerre « préventive » contre la Serbie, exactement ce que François-Ferdinand avait conseillé de ne pas faire, ce qui a conduit dans les jours suivants à la Première Guerre mondiale et finalement à l’effondrement de la monarchie.

Voir aussiAutriche-Hongrie ; François-Joseph ; Nationalisme.

bibliographie

Hoffmann, Robert. Erzherzog Franz Ferdinand und der Fortschritt. Vienne, 1994.

Kann, Robert A. Erzherzog Franz Ferdinand Studien. Vienne, 1976.

Okey, Robin. La monarchie des Habsbourg : Des Lumières à l’Eclipse. New York, 2001.

Weissensteiner, Friedrich. François Ferdinand : Der verhinderte Herrscher. Vienne, 1983.

Steven Beller

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